- Association antifasciste
- Association of Anti-fascists
- Bund der Antifaschisten
Déclaration politique du XVème Congrès statutaire de la FIR
La Fédération Internationale des Résistants (FIR) - Association antifasciste a, en tant que « Messager de la paix » des Nations Unies, un devoir moral, de prendre position pour un règlement non militaire des conflits dans le monde.
- Nous demandons avec insistance, pour ce qui est des conflits récurrents au Moyen-Orient, de ne permettre aucune escalade ainsi que le retrait des troupes étrangères de la région.
- Cette question concerne tout particulièrement la guerre en Afghanistan et en Irak, pays dans lesquels nous constatons journellement que l'intervention de troupes armées ne contribue nullement à une paix stable. Nous accueillons avec bienveillance les décisions du Gouvernement des Pays-bas de procéder au retrait de leurs troupes et nous concevons qu'il s'agit là d'une manière correcte de résoudre le conflit de façon civile. Nous lançons des recommandations particulières contre l'escalade du conflit sur la question iranienne. Une attaque militaire étrangère ne résoudrait aucun des problèmes de ce pays et ne contribuerait nullement à accroître la sécurité dans cette région, ni d'ailleurs, dans le monde.
- L'application de telles solutions ne ferait que renforcer les intérêts impérialistes ; ils ne seraient que de nouvelles tentatives pour d'aucuns de s'arroger un pouvoir sur le plan géopolitique ainsi que l'accès aux matières premières.
- Nous lançons un appel urgent aux belligérants en Israël et en Palestine afin que, sur base des résolutions des Nations Unies, ils recherchent une solution pacifique au conflit qui les oppose. Les attaques par missiles contre des civils ou les bombardements dans des zones à forte densité de population n'apportent aucun avantage stratégique. Au contraire, ils ne font que favoriser les opérations de terreur individuelles ou nationales à l'encontre des autochtones.
- Nous accueillons avec bienveillance l'importante décision du Conseil de Sécurité en faveur du désarmement nucléaire. La délimitation du nombre d'États en droit de posséder l'arme nucléaire ne suffit cependant pas. Sa proscription à l'échelle mondiale ainsi que le démantèlement des arsenaux nucléaires doivent être achevés.
La crise économique et financière mondiale est également l'une de nos préoccupations majeures. Cette crise frappe de plein fouet des populations entières. Ses conséquences ne peuvent être glissées sur les épaules des travailleurs, des pensionnés ou des personnes en difficulté sociale. Cela nourrirait en effet un terreau particulièrement fertile aux démagogues nationalistes et d'extrême-droite.
C'est avec inquiétude, que nous constatons la montée des forces d'extrême-droite, allant des violents néo-fascistes aux groupuscules populistes, lesquels ont même pu obtenir des mandats lors des élections au Parlement européen dans différents États d'Europe. Il ne s'agit donc pas de simples fonctions nationales. Nous constatons une augmentation des réseaux néo-nazis à l'échelon européen, notamment via des marches nazies, des conférences et des manifestations publiques.
Face à ces tendances, nous opposons notre internationalisme antifasciste. Ensemble, les fédérations antifascistes ont contré au cours des années précédentes (par exemple à Cologne, à Dresde ou à Budapest) de telles provocations antifascistes. La FIR et ses fédérations membres œuvrent pour des alliances aussi larges que possibles au sein de la société civile, en y incluant les syndicats, les organisations sociales, les églises, les partis politiques, les artistes, les VIPs tout comme les activistes antifascistes. Nous coopérons avec tous les démocrates et antifascistes qui, en toute honnêteté, sont prêts à s'opposer activement à l'avancée des organisations d'extrême droite ainsi qu'à leur idéologie.
Pour la FIR comme pour ses fédérations membres, le fait de conserver la Mémoire de la lutte antifasciste des peuples reste une tâche indispensable. A différents niveaux politiques et sociaux, nous constatons à l'heure actuelle, des tentatives de falsifier la perspective historique antifasciste. Des monuments de la lutte antifasciste sont rasés.
En particulier dans certains pays de l'Europe centrale et orientale, des efforts significatifs sont réalisés pour dédramatiser les SS et leurs crimes et pour rebaptiser les collaborateurs de la première heure du fascisme comme de véritables « héros de la libération nationale ». En Bulgarie le gouvernement refuse de reconnaître la lutte des antifascistes contre le pouvoir autoritaire de 1923 à 1944 comme résistance. Il arrive même que des Partisans ou d'autres combattants antifascistes soient accusés comme des criminels, et ce plus de 50 ans après la fin du fascisme.
De telles falsifications scandaleuses de l'Histoire ne peuvent être tolérées. En particulier, nous soulignons le fait que les 8 et 9 mai 1945 ont été et seront pour toujours les journées de la victoire des peuples sur le fascisme et donc les journées de la libération du joug fasciste et de la guerre. Toutes les tentatives d'établir un « anniversaire contre le totalitarisme » le 23 août doivent être considérées comme du révisionnisme historique et rejetées.
La tâche de la FIR et de ses fédérations membres reste la préservation de la Mémoire historique de la résistance des peuples, des hommes et des femmes qui ont donné leur vie, qui ont combattu dans les rangs de la coalition anti-hitlérienne ou qui furent victimes des camps de concentration et d'extermination en raison de leur conviction ou pour toute autre raison née de l'exclusion fasciste. Transmettre leurs expériences aux générations actuelles ou futures est l'une des plus nobles tâches à laquelle est confrontée notre organisation. Nous collaborons en particulier avec les Mémoriaux des camps, les centres d'archives et les institutions historiques, ainsi qu'avec toute initiative antifasciste et à vocation historique.
L'appréciation à sa juste valeur de cette lutte implique également la reconnaissance sociale des combattants contre le fascisme. Il est en effet une obligation morale et sociale pour tous les États d'Europe de garantir aujourd'hui à ces hommes et femmes qui ont jadis risqué leur vie et leur santé dans la lutte antifasciste pour la libération de l'Europe, les moyens d'une existence digne et des compensations financières.
La FIR et ses fédérations membres font front ensemble contre le racisme, l'antisémitisme, la xénophobie, le néo-fascisme, le nationalisme et le populisme d'extrême droite. En solidarité avec les générations actuelles, nous faisons nôtre l'héritage des combattants et des victimes du nazisme et nous luttons pour la démocratie, la justice sociale, et un nouveau monde de paix et de liberté.